Un Thème entre autre

Sorti en 1983, « A bout de Souffle Made in U.S.A » (« Breathless » le titre original) est le remake d’a bout de souffle de Jean-Luc Godard.

Interprété par Richard Gere et Valerie Kasprisky, la bande originale du film est signé Jack Nitzsche.

Composé de divers titres, un thème récurent sort du lot. Le thème est du compositeur Philip Class. Trois notes, deux notes de manière répétitive, collent aux musiques de ces années là, celle de Giorgio Moroder entre autre.

Mélodie envoutante de la scéne de la piscine, où du haut d’un balcon Richard Gere regarde Valérie Kaprisky nageant.

Mélodie en constraste lors de la scène finale, entre coupée de Breathless, et lors de laquelle, dans cette dualité, un seul sentiment triomplera.

Celui de Jesse ou celui de Monica…

Interprété au piano ou comme ici à la guitare, Opening de Philip Class.

La musique s’élève comme une brume légère, un fil d’air qui tremble au bord du silence. Les notes avancent à pas feutrés, répétées comme un secret que l’on murmure pour ne pas l’oublier. Elles tournent, reviennent, se frôlent, et dans ce cercle lent quelque chose s’apaise, comme si le monde retenait son souffle.

La guitare respire. Chaque corde, à peine effleurée, laisse derrière elle une trace de lumière, une poussière d’or qui flotte avant de retomber doucement. Rien ne presse. Rien ne cherche à convaincre. La musique glisse, patiente, et dans son sillage naît une douceur fragile, une mélancolie qui ne blesse pas, qui éclaire.

On marche alors dans un paysage intérieur où le temps se défait. Les motifs répétés deviennent des pas sur un sol invisible, des pas qui ne mènent nulle part et pourtant nous portent plus loin. On écoute, et l’on se retrouve à dériver entre deux émotions : la paix d’un soir d’été, et la nostalgie d’un souvenir qui revient sans visage.

Sous la surface tranquille, une lueur persiste. Une montée imperceptible, un souffle qui s’élève, comme si quelque chose en nous cherchait encore la lumière. La musique ne promet rien : elle ouvre seulement un espace où l’on peut déposer ce que l’on porte, sans bruit.

Et lorsque les dernières notes s’éteignent, il reste une trace, un frémissement. Comme si la guitare avait touché quelque chose de très ancien, de très simple : le désir de rester un instant de plus dans ce calme suspendu, entre le monde et soi-même.

chanudeth

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